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vendredi 25 septembre 2015

SERMON DE SAINT AUGUSTIN SUR LES PASTEURS Le seul Pasteur.



Le Christ te fait donc paître avec justice. Il distingue les brebis qui lui appartiennent de celles qui ne lui appartiennent pas. Les brebis qui sont à moi, dit-il, entendent ma voix, et elles me suivent.

Ici je trouve tous les bons pasteurs en un seul pasteur. Les bons pasteurs ne manquent pas, mais ils se trouvent en un seul. Ils sont nombreux, lorsqu'ils sont divisés. Ici l'on parle d'un seul pasteur, parce que tout ce texte est en faveur de l'unité. Ce n'est pas vrai que les pasteurs se taisent maintenant, et que le Seigneur est appelé pasteur parce qu'il n'a pas trouvé à qui confier ses brebis. Il les a confiées à quelqu'un, parce qu'il a trouvé Pierre. Mais en outre, il a mis en valeur l'unité dans la personne de Pierre. Il y avait beaucoup d'Apôtres, mais c'est à un seul qu'il a dit : Sois le berger de mes brebis. Ne croyons pas qu'on manque aujourd'hui de bons pasteurs, ne croyons pas qu'on en manque, ne croyons pas que, dans sa miséricorde, Dieu ne va pas les engendrer et les instituer.

Évidemment, s'il y a de bonnes brebis, il y a aussi de bons pasteurs, car c'est avec les bonnes brebis que l'on fait de bons pasteurs. Mais tous les bons pasteurs se retrouvent en un seul, ils ne font qu'un. Ils font paître les brebis, et c'est le Christ qui les fait paître. Les amis de l'époux ne prétendent pas avoir sa voix, mais ils se réjouissent grandement à cause de la voix de l'époux. C'est donc lui qui fait paître, lorsqu'ils font paître ; et il dit : « C'est moi qui fais paître », parce que c'est sa voix qui est en eux, c'est sa charité qui est en eux. Car Pierre lui-même, à qui il confiait ses brebis, comme à un autre lui-même, il voulait qu'il ne fasse qu'un avec lui ; il voulait lui confier ses brebis de telle sorte que lui-même resterait la tête, tandis que Pierre représentait le corps, c'est-à-dire l'Église ; de telle sorte que, comme l'époux et l'épouse, à eux deux, ils ne feraient plus qu'un.

Aussi, pour lui confier ses brebis, que lui a-t-il dit d'abord, pour ne pas les lui confier comme à quelqu'un de différent de lui : Pierre, m'aimes-tu ? Et Pierre répondit : Je t'aime. La deuxième fois : M'aimes-tu ? Et il répondit : Je t'aime. Et une troisième fois : M'aimes-tu ? Et il répondit: Je t'aime. Il fortifie l'amour pour consolider l'unité. C'est donc lui qui est le berger en eux, et eux le sont en lui seul.

Il ne parle pas des pasteurs, et pourtant il en parle. Les pasteurs se glorifient, mais ceux qui se glorifient doivent se glorifier dans le Seigneur. C'est ainsi que le Christ est berger, ainsi qu'on est berger pour le Christ, qu'on est berger dans le Christ, qu'on n'est pas berger pour soi, en dehors du Christ. En effet, il n'y a pas vraiment pénurie de pasteurs, comme si le Prophète annonçait ces temps mauvais de l'avenir. Le Seigneur n'a pas dit : C'est moi qui serai le berger de mes brebis, comme s'il n'avait personne à qui les confier. Même lorsque Pierre était avec lui, et que les Apôtres étaient encore avec lui, en cette chair et en cette vie, c'est alors qu'il a dit, lui le seul Pasteur, en l'unité de qui tous ne font qu'un: J'ai encore d'autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie; il faut que je les conduise avec les autres : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur.

Que tous les pasteurs soient donc en un seul pasteur, qu'ils fassent entendre la voix unique du pasteur; que les brebis l'entendent, qu'elles suivent leur pasteur, non pas celui-ci ou celui-là, mais le seul. Et que tous, en lui, fassent entendre une seule voix, et non pas des voix discordantes. Je vous exhorte, frères, soyez tous d'accord, et qu'il n' y ait pas de divisions entre vous. Cette voix, débarrassée de toute division, purifiée de toute hérésie, que les brebis l'écoutent. Qu'elles suivent leur pasteur qui leur dit : Les brebis qui sont à moi entendent ma voix, et elles me suivent.